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Un état des lieux du couple hétéro

Je suis féministe et j’ai principalement eu des relations hétéro. Je connais la vie de couple, je connais le célibat et ses multiples rencontres, et dans une situation comme dans l’autre, j’ai retrouvé les rapports de domination qui peuvent s’exercer entre les hommes et les femmes. Je tente de déconstruire tout ce qu’on m’a appris sur les relations amoureuses pour sortir du schéma normatif qu’on nous impose. Pour arriver à cela, j’ai tenté de comprendre les mécanismes sociaux qui sont en jeu. Pourquoi ressentons-nous le besoin d’être en couple pour être validé-e ? Comment expliquer ces rapports de domination ? Y a-t-il une solution pour vivre une relation hétéro égalitaire ?

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Vivre avec une conscience féministe

©Alice Murillo / Les femmes réinvestissent la rue

J’aime lire. De tout, tout le temps. Je suis tombée dedans petite et après une longue période boulimique sans grand souci de qualité, j’ai découvert la littérature. Ça a été une révélation, comme passer de plats préparés à un restaurant gastronomique (comparaison qui vous aiguille sur la deuxième passion dans ma vie). Je suis depuis devenue difficile, j’ai besoin de savourer les mots, d’aimer les personnages, de me sentir petite face au génie qui se dévoile au fil des pages. 

Seulement, voilà, ce n’est pas si simple. Parce qu’en plus d’être férue de littérature, je suis féministe. Il existe bien évidemment des autrices très talentueuses que j’adore lire et relire (Madame de Sévigné, Patti Smith, Simone de Beauvoir pour ne citer qu’elles), mais les femmes qui écrivent et sont publiées sont bien moins nombreuses que les hommes. Dans Une chambre à soi, Virginia Woolf explique brillamment comment la société bride les femmes dans leur processus d’écriture, en les confinant dans un espace domestique où elles n’ont cependant pas de lieu qui leur est propre, et en les plaçant dans une position dominée et subalterne où leur voix n’est pas entendue. À l’inverse, les hommes ont beaucoup plus produit (et de plus gros ouvrages car ils en avaient le temps). 

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Quand on revoit Vénus Beauté (Institut)

A l’occasion du décès de la réalisatrice Tonie Marshall le 12 mars 2020, j’ai pu revoir Vénus Beauté (Institut), que je n’avais pas vu depuis….  dix-huit ans ? Je me souvenais d’un sentiment global un peu flou : c’est sympa toutes ces femmes, on n’a pas l’habitude de voir des films avec autant de femmes à l’écran, Audrey Tautou flingue sa vie mais ohlalala, quel romantisme entre Nathalie Baye et Samuel Le Bihan. 

Vénus Beauté (Institut) en quelques mots, c’est un long-métrage français, sorti le 3 février 1999, qui nous raconte la vie de trois femmes travaillant dans un salon de beauté parisien : leur quotidien entre une patronne pénible, des client.e.s exigeants.e.s, et des histoires d’amour. Les trois personnages principaux sont incarnés par Mathilde Seigner, Audrey Tautou et Nathalie Baye.

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Espèces d’espaces, hommage

Habiter sa maison du matin au soir aiguise notre usage des espaces. Une tâche, un lieu, un moment de la journée, aller d’un espace à l’autre devient un réel déplacement, un voyage, un grand changement. Je gravirai les escaliers vers les hauts espaces du salon et je verrai du pays dans ma propre chambre. Cela dépasse la notion de pièce à proprement dite mais concerne des bouts d’espaces. Par leur disposition et leurs qualités propres, ils rythment les mouvements de la journée d’une activité à la suivante.

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J’ai revu Glee en 2020

En août 2019, à l’occasion de sa diffusion sur une plateforme de streaming, le magazine Les Inrockuptibles titrait à propos de Glee « La série féministe et LGBT-friendly qui vieillit bien ». La journaliste soulevait combien le programme de Ryan Murphy avait été précurseur sur de nombreux sujets. J’ai profité du confinement pour revoir les six saisons de cette série musicale que j’avais adoré à sa sortie en 2009, et même si ses efforts d’inclusion et de diversités sont louables, un regard neuf post #MeToo s’impose.

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Prendre le temps de penser

Fermez les yeux. Je veux dire, imaginez que vous les fermez. Parce que si vous les fermez, vous ne pourrez pas lire l’article. Fermez les yeux donc, et essayez de visualiser la dernière fois que vous vous êtes donné le temps de penser. De vraiment, vraiment penser, plus de cinq minutes, à un sujet compliqué. Un sujet auquel on ne répond pas par oui ou non, qui impose pour être compris d’être préalablement informé, et qui parfois interroge vos valeurs plus que votre raison.

En me posant moi-même cette question, je me suis rendu compte qu’il ne m’était, pour ainsi dire, jamais arrivé de penser.

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